Dimanche 10 mai 7 10 /05 /Mai 17:32

 

 

 

I.   QU’EST-CE QUE LA SECURITE AFFECTIVE ?

   

   1.   Quelle est ma propre représentation ?   


  
2.   Définitions théoriques et définitions d’auteurs 
 


        
2.1   La sécurité

 

                  2.1.1   Au vu des définitions théoriques

 

                  2.1.2   Au vu des auteurs

 

         2.2   L’insécurité

 

         2.3   La sécurisation  

 

         2.4   Affect / Affectif / Affectivité

 

         2.5   La sécurité affective

 

   3.   Définitions personnelles 

II.   REFLEXIONS ET REMISE EN QUESTION QUANT A MA PRATIQUE PROFESSIONNELLE

   

   1.  De l’hyper protection ou la « paralysie » de l’initiative de découverte

 

   2.   De la confiance réciproque

 

CONCLUSION



INTRODUCTION 


 

 

   Mon choix de traiter le concept de « sécurité affective » au détriment du concept de « séparation » est motivé en grande partie par une problématique significative de mon lieu de stage, un foyer d’accueil à caractère social. En ce lieu, la séparation est une épreuve inéluctable, qui n’est pas aussi bien prise en charge, comme dans d’autres lieux d’accueil plus « ordinaires ». Ainsi, après un tel sentiment d’abandon dû à une séparation brutale, l’enfant, qui arrive en milieu inconnu, auprès d’inconnus peut se sentir en insécurité, et par extension, en insécurité affective. Ainsi, je souhaite m’interroger sur la notion de sécurité affective elle-même, sur ses causes (une séparation brutale en est une), sur ce qu’elle apporte à l’enfant, par quels moyens et quel accompagnement elle est possible.

    Bien que ma problématique de départ concerne un lieu spécifique avec ses caractéristiques spécifiques, ma recherche, mes réflexions et mes conclusions s’étendront à tous les lieux d’accueil de manière générale.

    Ainsi, dans un premier temps, j’exposerai ma propre représentation de la « sécurité affective » afin de la questionner, de la confirmer ou de l’infirmer, au vu de différentes définitions théoriques et de conceptions d’auteurs, afin de dégager une définition personnelle, éclaircie et enrichie de ces recherches. Dans un second temps, enfin, j’amènerai deux réflexions relatives à la sécurité affective qui m’entraîneront à reconsidérer ma pratique professionnelle.  

 

I.   QU’EST-CE QUE LA SECURITE AFFECTIVE ?

1.   Quelle est ma propre représentation ?

 

   Au terme de cette première année de formation, j’ai pu, progressivement, au vu d’apports théoriques et essentiellement pratiques, élaborer ma propre représentation de la « sécurité affective ».

   La sécurité affective m’apparaît comme une nécessité vitale permettant à l’enfant de s’épanouir, de s’ouvrir au monde, de découvrir son environnement.

   Elle passe par une présence physique et une disponibilité psychique de la personne maternante (père ou mère) mais aussi, en structure d’accueil, du professionnel. Pour se sentir en sécurité affective, l’enfant doit pouvoir se rassurer par la simple présence de l’adulte mais aussi se sentir exister à ses yeux.

   Une séparation brutale, le sentiment d’abandon, une indisponibilité physique, psychique, affective, de l’adulte peuvent être source d’insécurité affective.

   Les pleurs, l’isolement, l’attente, l’inertie, l’angoisse, la mésestime de soi, la perte de confiance en l’adulte, le refus d’attachement affectif peuvent être les conséquences à court ou à long terme, d’un manque de sécurité affective.

   La confiance, la tranquillité, le bien-être, l’épanouissement social, cognitif, psychomoteur sont les conséquences d’une bonne sécurité affective.

 

2.   Définitions théoriques et définitions d’auteurs

 

La « sécurité affective » est un terme composé formant un concept.

Mais qu’est-ce que la sécurité en elle-même ? Et la sécurité affective n’est-elle qu’affective ?

Quels sont les synonymes et les antonymes de la sécurité ?

Qu’est-ce que l’affect, l’affectif et que recouvrent-ils ?

 

2.1.   La sécurité 

2.1.1   Au vu des définitions théoriques

 

  • Du latin « securitas », « de securus » : exempté de soucis, sans inquiétude ¹
  • Situation dans laquelle quelqu’un ou quelque chose n’est exposé à aucun danger, d’agression physique, d’accident / situation de quelqu’un qui se sent à l’abri, qui est rassuré ²
  • Confiance, tranquillité d’esprit résultant de la pensée qu’il n’y a pas de péril à craindre ³
  • Synonymes : sûreté, assurance, confiance, calme, tranquillité, quiétude, abri
  • Antonymes : danger, péril, insécurité

 

¹   Le Petit Larousse  

²   Opus cité

³   Le Robert 

 Le Dictionnaire des Synonymes

Opus cité

 

 


 

 

 

 

   Au vu de cette première définition, il apparaît que la sécurité est, d’une part un état d’esprit tranquille et d’autre part, un état de sécurité physique. Ainsi, je peux supposer que la sécurité affective passe par la quiétude d’esprit de l’enfant mais aussi par sa sécurité physique. La présence bienveillante de l’adulte tant qu’un environnement sécurisé sont donc indispensables pour un bon épanouissement de l’enfant.

   En outre, il semble que ce que je considérais comme des conséquences d’une sécurité en général et d’une sécurité affective en particulier, apparaît comme synonyme de cette première.

Peut-être faut-il dire qu’être en sécurité est déjà un état de confiance, de quiétude, de tranquillité, de bien être et que la conséquence de ceci permet un épanouissement global ? J’y reviendrai.

 

2.1.2   Au vu des auteurs  

 

   Concernant l’enfant, le plus grand danger ressenti est la perte de ses parents ou de leur amour, éléments rassurants et de protection devant un danger réel ou imaginaire, extérieur ou intérieur.

   D’après Françoise Dolto, « le sentiment de sécurité de l’enfant s’acquiert si on le laisse libre, au jour le jour, de courir des risques à sa mesure, sans l’empêcher d’en courir, en veillant à ce que les risques qu’il court ne soient pas traumatisants mais le mettent devant un effort dont il sent avoir triomphé quand il est y arrivé, ce dont il faut le complimenter » ¹

    Il apparaît, ici, que la sécurité globale de l’enfant est assurée par la présence et l’amour de ses parents mais qu’il est important de lui laisser prendre des risques mesurés. J’en déduis, en outre, que l’hyper protection inquiète peut mettre l’enfant en état d’insécurité, dans la mesure où l’inquiétude y figure. Ainsi, là où une surprotection  paralyse l’initiative de découverte de l’enfant, une attitude bienveillante et encourageante la stimule.

 

2.2.   L’insécurité

 

  • « Qui manque de sécurité » ²
  • « Pour l’enfant, elle est à relier à la perte d’amour de ses parents, réelle ou redoutée, où compte surtout, au-delà d’une peur justifiée, la détresse de la solitude et de l’abandon.

¹  Le Robert 

²  Les étapes majeures de l’enfance, F. Dolto, C Dolto Tolich, Gallimard, 1998

 

            Le danger intérieur représenté par l’infraction à une interdiction est aussi source

            d’insécurité, mais seulement dans la mesure où l’enfant peut craindre de perdre l’amour ou      l’approbation de ses parents. La sécurité réside donc essentiellement dans la présence possible, stable, affectueuse et heureuse des parents. L’absence inhabituelle, les variations de comportements, la réaction négative inexplicable ou l’inquiétude de l’un des deux parents suffisent à éveiller chez l’enfant insécurité voire culpabilité ou crainte de quelque chose d’inconnu interposé entre l’enfant et ses parents.

            Toutefois, l’absence d’un cadre, de disciplines habituelles et des discordances éducatives    sont également génératrices d’insécurité en ce que l’enfant n’y « sais plus s’y retrouver » pour être en accord avec ses parents et avec lui-même » ¹

 

2.3.   La sécurisation

 

  • Action de sécuriser / Mise en sécurité  ²
  • Apporter, donner une impression de sécurité à quelqu’un ; rassurer ³
  • Elle peut s’entendre comme venant des parents eux-mêmes dans la mesure où ils ont trouvé un équilibre personnel et savent prendre des attitudes nécessaires en évitant des erreurs éducatives.

            La sécurisation est aussi le premier devoir qui s’impose à tout éducateur substitue  temporaire ou définitif des parents, et qui lui demande aussi, aux yeux de l’enfant, présence, stabilité, offre d’un soutien et d’un intérêt personnel, sérénité dans un cadre organisé et favorable à la création d’habitudes et de points de repères.

            Enfin, venant de l’enfant lui-même, l’auto sécurisation est un processus défensif contre l’insécurité résultant, par exemple, de la solitude de la nuit et du sommeil ou de la transplantation dans un cadre inhabituel. C’est un processus respectable qui fait appel à des habitudes ou objets familiers (rites de sécurisations)

            A ce propos, Winnicott parle « d’objet transitionnel », qui marque les prémices de la relation objectale passant par un objet choisi comme substitut maternel en l’absence de la personne maternante et qui permet à l’enfant de se sécuriser tout seul.

 

¹   Dictionnaire de Psychologie

²   Le Petit Larousse

³   Le Robert

 Dictionnaire de Psychologie

Jeu et réalité, D.W. Winnicott, Gallimard, 2002




2.4.   Affect / Affectif / Affectivité

 

 

 

  • Affect : impression élémentaire d’attraction ou de répulsion qui est la base de l’affectivité (psychol) ; émotion, charge émotive liée à la satisfaction d’une pulsion qui lorsqu’elle est refoulée, se convertit en angoisse ou détermine un symptôme névrotique (psychan) ¹õ
  • Affectif : qui concerne les affects de la sensibilité, des sentiments ² ó
  • Affectivité : ensemble des phénomènes de la vie affective ; sensibilité ³ó

 

2.5   La sécurité affective

 

Pour Decroly, la sécurité affective est « une condition fondamentale pour que l’éducation soit bien reçue et fructueuse. Elle naît à la fois de la relation avec l’éducateur, du style pédagogique qui suit les possibilités des enfants et ne les contraint pas à des efforts qui excéderaient les possibilités de leur stade de développement. Elle est aussi assurée par le jeu, qui est une activité essentielle acceptée et développée par l’éducateur et qui contribue au développement. La sécurité affective naît enfin de la confiance qui est faite aux enfants, à qui des responsabilités sont confiées au sein d’un groupe »

 

3.  Définitions personnelles 

 

   La sécurité affective passe par une mise en sécurité, affective, physique mais aussi psychique de l’enfant (la sécurité affective n’est donc pas que sécurité affective).  

   La présence, le soutien, l’attention, l’amour du parent ou du professionnel permettent à l’enfant d’être en sécurité affective.

   Elle est vitale à l’enfant et lui permet de se sentir suffisamment épanoui pour commencer tout processus cognitif (découvertes, apprentissages, jeux…).

   Une mise en sécurité physique passe par un environnement sécurisé, permettant de limiter les interdits mais aussi de laisser prendre des risques mesurés à l’enfant. L’hyper protection peut être source d’insécurité.

¹    Le Petit Larousse

²    Le Robert 

³   Opus cité

15 pédagogues – Leur influence aujourd’hui, J. Houssaye, A. Colin, 1994



 

 

 

   Une mise en sécurité psychique passe par une présence physique stable et sereine de l’adulte mais aussi une disponibilité psychique pour que l’enfant se sente existé à ses yeux. Ce portage psychique passe par le regard, la verbalisation, la gestuelle qui offrent un soutien, qui encouragent, qui portent de l’intérêt à l’enfant, qui réconfortent, qui félicitent, qui manifestent une confiance à l’égard de l’enfant.

   Un cadre, des limites, des interdits, des attitudes éducatives stables favorisent la prise de repères structurants et rassurants pour l’enfant. Les modifications brusques et incohérentes de comportements et d’attitudes éducatives, le changement brutal d’habitudes, le laxisme, l’inquiétude, la détresse, la tristesse….des parents ou des professionnels sont insécurisantes en ce que l’enfant sent, en l’adulte, une faiblesse, qui l’angoisse.

   Enfin, la sécurité affective c’est aussi l’auto sécurisation de l’enfant. Il s’agit pour lui de trouver des ressources personnelles pour se sécuriser seul, en l’absence d’adulte et principalement de la personne maternante, par le biais d’objets ou d’habitudes choisis et élaborés par lui.

   Pour conclure, je souhaite revenir, brièvement, sur la définition de « sécurité » pour tenter d’éclaircir un point qui me questionne. Il apparaît que le terme « confiance » est un synonyme de « sécurité », ce qui m’a amené à penser - plus haut- que l’état de sécurité était déjà, en soi, un état de confiance. Toutefois, il me semble que l’on peut faire deux approches du terme confiance.  En effet, je distingue la notion « d’être confiant » et la notion « d’avoir confiance ». Le premier renvoie au fait d’être assuré, d’être en sécurité, et le second, selon moi, reste une conséquence de la mise en sécurité.

Je reste donc sur ma position initiale en affirmant que le fait « d’avoir confiance » en l’Autre est la conséquence d’une mise en sécurité et, complète, en précisant que « l’état de sécurité » est déjà un « état de confiance ».

Mais, si l’on va plus loin, on peut indiquer qu’être confiant c’est, d’une part « être (r)assuré » mais aussi « être hardi ». Ainsi, la mise en sécurité a une double valeur. L’enfant en sécurité, en état de confiance, est davantage capable de partir à la découverte du monde de la façon la plus brave et courageuse.

Pour en arriver à cet état de sécurité, l’enfant a besoin d’un environnement sécurisé, d’une disponibilité physique et psychique de l’adulte et enfin, d’un amour sans faille de ses parents.

 

  

II.   REFLEXIONS ET REMISES EN QUESTIONS QUANT A MA PRATIQUE  PROFESSIONNELLE

1. De l’hyper protection ou la « paralysie » de l’initiative de découverte     

 

 

   La présence de l’adulte est indispensable, mais à quel point et de quelle manière ?

   Parce que l’enfant a besoin de cette sécurité, l’adulte ne se sent-il pas investit d’une mission, qui peut parfois être motivée par un maternage inconscient. Ainsi, met-il arrivé de m’investir dans l’activité ludique d’un enfant, qui l’a abandonné à son tour, me laissant dans une situation de rejet mal vécue. Je me rends compte, maintenant que mes deux erreurs sont, d’une part, le besoin d’agir - qui recouvre la notion d’activisme mais aussi la notion de maternage qui me pousse à croire que je suis indispensable à l’enfant - et, d’autre part, la non prise en compte du besoin de l’enfant  puisque c’est à mon propre besoin que je répond.

   Ainsi, il m’apparaît maintenant que l’hyper protection semble fonctionner sur le même principe. En effet, en empêchant l’enfant de prendre des risques, ce n’est pas lui que l’on protège, mais nous même. Nous appréhendons davantage les risques encourus par l’enfant et parfois même, nous les enjolivons, de telle sorte qu’il devienne impossible à envisager que l’enfant puisse aller au bout de ses desseins.

   Les conséquences de cela sont alors l’impossibilité pour l’enfant d’explorer, tiraillé par le désir de découverte mais aussi le désir, plus fort – au vu de ce que j’ai pu déceler dans les définitions préalables - de faire plaisir à l’adulte. Ainsi, l’enfant angoissé par la peur de perdre l’amour de l’adulte ne va-t-il pas préférer lui obéir ?

L’autre conséquence d’une hyper protection de l’adulte, est la paralysie de l’enfant face à l’initiative de découverte. En effet, si l’adulte donne à l’enfant une vision du monde dangereuse, il ne peut s’y sentir sécurisé pour y entreprendre toute exploration.

   Toutefois, il est difficile de dissimuler ses craintes, de ne pas accourir au moindre « danger » couru par l’enfant et de relativiser. Je le sais par expérience. Il est malgré tout indispensable de le faire car cela en va du bon épanouissement de l’enfant, qui ne peut être confronté à un adulte qui ne sait pas maîtriser ses angoisses et qui peut les lui transmettre.

   Ainsi, il m’apparaît que sécuriser l’environnement permet de limiter les craintes d’un quelconque danger et du même coup, de limiter les interdits qui paralysent l’initiative de l’enfant. Et, on l’a vu plus haut, la sécurité physique est l’un des piliers de la sécurité affective.

En outre, il me semble important, de passer le relais si l’on sent ne pas pouvoir supporter ce que l’enfant entreprend car, il nous est alors impossible d’être psychiquement serein et disponible.

Enfin, je pense qu’un travail sur soi est indispensable, pour apprendre à relativiser le danger mais aussi à faire le deuil de notre maternage (c’est à l’enfant de solliciter l’aide de l’adulte et non pas à l’adulte de l’imposer – sinon de la proposer – parce que ce dernier a besoin de se sentir exister) et enfin de faire confiance à l’enfant.

 

2.   De la confiance réciproque

 

   J’ai, au long de mes réflexions, parlé de la notion de confiance et ceci sous deux approches. J’ai donc distingué le fait « d’être confiant » (« être rassuré » ou « être hardi ») et le fait « d’avoir confiance ».

   Mais, est-ce à l’adulte de s’adapter à l’enfant ou à l’enfant de s’adapter à l’adulte ? En d’autres termes, est-ce à l’enfant de donner sa confiance à l’adulte ou à l’adulte d’œuvrer pour que l’enfant la lui donne ? On pense, en général, que parce que l’enfant arrive dans un lieu inconnu, auprès d’inconnus, le professionnel doit tout mettre en œuvre pour répondre au mieux aux besoins de l’enfant, dans la continuité du lien maternel et que par conséquent, il doit s’adapter à l’enfant. Je pense avec conviction professionnelle que c’est en partie le rôle du professionnel mais n’est-ce qu’à lui de faire ce travail d’adaptation ? Ainsi, si l’adulte met tout en œuvre pour mettre en sécurité affective l’enfant, ce dernier n’a-t-il pas une part d’action ? Et, n’est-ce pas pour cela que les périodes d’adaptations existent ? Mais, qu’est-ce que « s’adapter »? C’est « s’ajuster », c’est aussi « s’acclimater », « s’accommoder », et encore « se joindre ». Du coup, cela ne nécessite-t-il pas une réciprocité ? En s’adaptant à quelqu’un, on s’ajuste à lui et lui doit, à son tour, s’ajuster pour s’adapter à l’autre.

Ainsi, cette réflexion m’amène au fait que le professionnel peut tout mettre en œuvre pour que l’enfant se sente en sécurité affective, ce dernier peut ne pas, ni « être en confiance », ni « avoir confiance » en l’adulte parce qu’il ne parvient pas à s’adapter à lui ou à la structure. Il m’importe, dans ma pratique professionnelle de tenir compte de ces paramètres pour permettre à l’enfant de prendre son temps en allongeant la période d’adaptation mais aussi, savoir accepter que la structure ne convienne pas à l’enfant. C’est aussi un moyen de se remettre en question au quotidien. Du coup, l’enfant ne peut donner sa confiance en l’adulte que si il l’a décidé et qu’il se sent en sécurité affective. C’est affaire de sentiments, d’affects, de ressentis. Chacun, peut vivre en mêmes circonstances, des choses différentes. C’est bien pour cela que l’adaptation nécessite un ajustement réciproque.  

   Mais, de la même manière, la confiance n’est-elle pas une réciprocité nécessaire ? Si l’adulte n’a pas confiance en l’enfant, l’enfant peut-il avoir confiance en l’adulte ? Et, la confiance n’est elle pas nécessaire à la construction de l’individu ? Si l’adulte n’a pas confiance en l’enfant, l’enfant peut-il avoir confiance en lui-même ? Il y a affaire de confiance réciproque entre l’adulte et l’enfant mais il me semble, qu’il ne s’agit pas, là encore, de la même confiance. L’enfant a confiance en l’adulte en terme de fiabilité, de stabilité, de sécurité affective. L’adulte a confiance en l’enfant en terme de compétences, de capacités, de valeurs, c’est-à-dire qu’il croit en l’enfant et en ce qu’il entreprend.

Je pense donc, que si l’adulte n’a pas confiance en l’enfant, ce premier ne perdra la confiance de l’enfant mais lui fera douter de lui-même, de ses capacités et de sa propre confiance en lui. Toutefois, en terme de sécurité affective, l’adulte ne joue alors plus son rôle. L’enfant ne se sent plus digne d’amour puisque l’adulte ne l’estime pas. Et, si l’adulte ne peut l’aimer, comment pourrait-il s’aimer lui-même ? La confiance en l’enfant n’est-elle pas le fondement de l’estime de soi ?  Je pense que tout est lié. La confiance en l’enfant favorise la sécurité affective (l’enfant à de la valeur, existe au yeux de l’adulte) mais aussi la confiance en soi (se sentir capable de, être confiant au sens d’être hardi) et par conséquent l’estime de soi (aptitude à s’aimer) mais aussi la capacité à aimer les autres tels qu’ils sont.

   Après, cette réflexion, je tiens à m’interroger sur ma propre pratique professionnelle. Il me semble que le fait d’encourager, de stimuler, de soutenir l’enfant est déjà un gage de confiance. En effet, lorsque l’on ne croit pas en les capacités d’un individu, on ne le motive, ni ne le pousse à continuer.

Toutefois, il m’importe de ne pas surestimer les capacités de l’enfant mais de le laisser aller à son rythme et de franchir progressivement les étapes en fonction de son propre développement. En demandant trop à l’enfant, on risque de le mettre en échec. Il peut alors craindre de perdre notre amour, notre estime mais aussi sa propre estime. 

   Ainsi, avoir confiance en l’enfant lui permet d’être en sécurité affective car il se sent estimé mais aussi de prendre confiance en lui-même et du même coup de commencer tout processus cognitif dans l’estime de lui-même. C’est ce en vers quoi je veux tendre en tant que future professionnelle : l’épanouissement global, affectif et personnel de l’enfant.

 



CONCLUSION

 

   Tout au long de ce travail j’ai pu approfondir le concept de « sécurité affective » et me l’approprier totalement à travers une définition personnelle plus complète que ma première représentation.

   J’ai davantage affiné ma réflexion sur le terme « sécurité » car sa définition m’a interpellé et m’a porté vers de multiples questionnements.

  Quant au concept même de « sécurité affective », j’ai voulu l’explorer de manière plus étendue au travers des notions « d’hyper protection » et « de confiance ». Cela m’a permis d’avoir une autre vision de la sécurité affective et surtout de réfléchir sur mes représentations, sur mes pratiques et sur les changements que je pouvais alors apporter.      

Par educ' et cie - Publié dans : Le développement de l'enfant
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